Ces dix dernières années :
* Les conflits armés ont causé la mort de 2 millions d'enfants.
* Ils ont fait plus de 1 million d'orphelins.
* Ils ont laissé plus de 6 millions d'enfants gravement blessés ou handicapés.
* Plus de 10 millions d'enfants ont subi de graves traumatismes psychologiques.
# Actuellement, on trouve quelque 300 000 jeunes de moins de 18 ans -certains n'ont que 7 ans - utilisés comme soldats dans une trentaine de zones de conflit à travers le monde.
# Tous les mois, les mines terrestres tuent ou mutilent quelque 800 enfants...
Au cours de la
dernière décennie :
- Les conflits armés ont
causé la mort de 2 millions d'enfants.
- Ils ont fait plus de 1 million d'orphelins.
- Ils ont laissé plus de 6 millions
d'enfants gravement blessés ou handicapés.
- Plus de 10 millions d'enfants ont subi de
graves traumatismes psychologiques.
Victimes
de multiples façons
- Actuellement, on trouve quelque 300 000 jeunes
de moins de
18 ans -certains n'ont que 7 ans - utilisés comme soldats
dans une
trentaine de zones de conflit à travers le monde.
- Tous les mois, les mines terrestres tuent ou
mutilent quelque 800 enfants.
- En ce moment, plus de 20 millions d'enfants sont
déplacés à l'intérieur
de leur propre pays ou à l'étranger en raison de
conflits. Ce nombre
représente plus de la moitié des personnes
déplacées dans le monde.
- À l'heure actuelle, dans
près de 50 pays, les enfants souffrent en
raison de conflits armés ou des séquelles de
ceux-ci. Ces enfants sont
victimes d'agressions sexuelles ou sont arrachés
à leur foyer.
Agir
- En
1989, l'Assemblée générale des Nations
Unies adoptait
la Convention sur les droits de l'enfant. L'année suivante,
au Sommet
mondial sur les enfants, les dirigeants politiques du monde entier
avalisaient la Convention. À ce jour, elle a
été ratifiée par 191
États, ce qui en fait l'instrument international le plus
largement
ratifié de l'histoire.
- En
1994, des négociations étaient lancées
à l'ONU sur les façons de
mieux protéger les enfants de la guerre. Le 21 janvier 2000,
un accord
intervenait finalement au sujet d'une mesure importante : porter de 15
à 18 ans de l'âge minimum de conscription et de
participation au
combat. En juin, le Canada a été le premier pays
à signer le Protocole
facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant
concernant
la participation des enfants aux conflits armés, et le
premier pays à
le ratifier, le 7 juillet dernier.
- Également
en 1994, Graça Machel, ancienne ministre de
l'Éducation du
Mozambique, était invitée à
présider une enquête de l'ONU sur les
enfants et la guerre. Son rapport, publié en 1996,
dépeignait une
sombre réalité et amenait le
secrétaire général de l'ONU, Kofi
Annan, à
nommer, en septembre 1997, Olara Otunnu comme son
représentant spécial
pour les enfants dans les conflits armés.
- En
août 1999, le Conseil de sécurité de
l'ONU adoptait à l'unanimité
une résolution visant la protection et le
bien-être des enfants
confrontés aux conflits armés et à
leurs répercussions. Parmi les
mesures énoncées : la nomination de conseillers
pour la protection des
enfants dans le cadre des opérations de paix de l'ONU, et
l'inclusion,
dans le mandat des missions de paix, d'activités
spécifiques visant la
protection des enfants.
- En
avril 2000, le Ghana et le Canada coprésidaient à
Accra, la
Conférence sur les enfants touchés par la guerre
en Afrique de l'Ouest.
Les participants à la Conférence ont alors
adopté une Déclaration et un
Plan d'action pour la région.
- En
juillet, dans un rapport au Conseil de sécurité,
le secrétaire
général présentait 55 recommandations
décrivant les mesures que la
communauté internationale peut et doit prendre pour
améliorer la
situation des enfants touchés par la guerre -
particulièrement celle
des jeunes filles et des adolescents qu'on a souvent tendance
à
négliger dans les situations de conflit.
- Du 10
au 17 septembre à Winnipeg, le Canada accueillera la
première
Conférence ministérielle internationale sur les
enfants touchés par la
guerre. Le but de la Conférence est de formuler un plan
d'action pour
aider les enfants touchés par la guerre.
- En
septembre 2001, l'Assemblée générale
des Nations Unies tiendra une
Session spéciale sur les enfants. En tête de
l'ordre du jour : la
situation des enfants touchés par la guerre.
Renseignements
sur le web :
-
www.lesenfantsetlaguerre.com
www.acdi-cida.gc.ca
www.savethechildren.net
(anglais seulement)
www.child-soldiers.org
(anglais seulement)
www.unicef.org
www.unhchr.ch
www.icrc.org
www.ifrance.com/efai
(Amnistie internationale)


 
photos : CANAPRESS
|

Enjeux
mondiaux - Gouvernance - Droits
et protection des enfants - Sur
le terrain -
Les enfants de la guerre : ce qu'il faut savoir
|
Les enfants de la guerre : ce qu'il faut savoir
Une
guerre d’un nouveau genre
« Un
garçon a tenté de fuir, mais il a
été rattrapé. [...] Ils lui ont
lié les mains puis nous ont obligés — les
autres nouveaux prisonniers — à
le tuer à coups de bâton. [...] Quand
j’ai refusé, ils nous ont menacés avec
leurs fusils. [...] Après l’avoir tué,
nous avons été forcés de nous couvrir
les bras de son sang. [...] Ils nous ont dit que
c’était pour nous empêcher de craindre
la mort et de tenter de nous enfuir. [...] Il m’arrive encore
de rêver au garçon de mon village que
j’ai tué. »
Susan,
16 ans,
enlevée par
la Lord’s
Resistance Army, Ouganda
Ce
récit est véridique. De tels exemples abondent,
pas seulement dans les champs de la mort du continent africain, mais
aussi en Asie, en Amérique latine et en Europe, parmi les
enfants soldats, réfugiés, victimes de mines
terrestres, orphelins, perdus, traumatisés : les
enfants de la guerre. Ils résultent de
l’effondrement complet des structures sociales, du
bouleversement des valeurs et des normes de même que de la
brutalité et du cynisme effroyables d’adultes
devenus bourreaux. De tels récits n’ont rien de
nouveau. Il y a des siècles que l’on
déchaîne la terreur, que l’on victimise
les civils, que l’on attise les haines ethniques et que
l’on recourt même aux enfants soldats. Ce qui est
nouveau c’est l’ampleur de ce type de conflit.
Une
guerre d’un nouveau genre
Depuis
quelques années, les guerres sont internes dans la
très grande majorité des cas. Sur les 50 conflits
qui font rage
dans
le monde, seulement une demi-douzaine opposent des États
souverains. Les origines des guerres — pauvreté,
oppression, rivalité pour la possession des ressources — sont
les mêmes. Mais de nouveaux facteurs tels la mondialisation,
la dégradation de l’environnement et
l’évolution rapide de la technologie, sont sources
de tensions dans de nombreuses sociétés. De
lointaines rivalités ethniques resurgissent au moment
où la facilité avec laquelle on peut obtenir des
armes légères crée une culture de la
violence et alimente les conflits.
Il en résulte un type
particulièrement féroce de guerre civile qui
déchire les sociétés et retarde le
cours du développement d’au moins une
génération.
Nulle coïncidence si ce
phénomène frappe certains des pays les plus
pauvres et les plus marginalisés de la planète.
Ni s’il touche tous les membres de la
société.
En un peu moins d’un
siècle, la proportion des victimes civiles dans les zones de
conflit a bondi de 5 p. 100
à 90 p. 100 — et
plus de la moitié de ces victimes sont des enfants.
Les victimes les plus vulnérables de
la guerre
La guerre moderne frappe
particulièrement les enfants. Elle menace leur corps en
pleine croissance, leur développement social et intellectuel
et leur état de santé psychologique :
- Le manque de nourriture et de fournitures
médicales, d’eau potable et
d’installations sanitaires crée un terreau fertile
pour la maladie, en particulier dans les camps de
réfugiés. Les enfants sont
généralement les premiers à succomber
aux pires tueurs — malnutrition, choléra,
infections
respiratoires et diarrhée.
-
Les
cauchemars assaillent souvent
les enfants qui, comme cette
petite fille de Sarajevo
en Bosnie, ont connu les
horreurs de la guerre.
|
- Les écoles, les dispensaires et les
hôpitaux, les récoltes, les marchés de
village et d’autres équipements collectifs sont
des cibles privilégiées.La disparition de
repères familiers et la perturbation de la vie quotidienne
dans le chaos et l’incertitude des conflits provoquent une
profonde détresse chez les enfants.
- Qu’ils soient les victimes
d’attaques contre leurs communautés, enfants
soldats ou réfugiés, les enfants sont les
témoins et les auteurs d’atrocités en
nombres sans précédent. Or, ces
expériences les marquent profondément sur le plan
psychologique.
- Les enfants laissés seuls ou sans
surveillance sont des proies faciles pour les prédateurs
adultes en temps de guerre. Le risque de mort ou de blessure est
beaucoup plus élevé pour les enfants soldats. Par
ailleurs, la violence sexuelle, en particulier à
l’endroit des femmes et des jeunes filles, est de plus en
plus répandue. Elle les expose non seulement à
des grossesses non désirées et à des
maladies transmises sexuellement comme le sida, mais aussi à
de graves conséquences psychologiques et à
l’ostracisme.
- Les factions belligérantes ont
recours aux médias pour semer la méfiance et
l’hostilité dans la population. Les enfants
influençables sont souvent déroutés
par des messages condamnant leurs amis et voisins. Sous leur influence,
bon nombre d’entre eux deviennent insensibles et
méfiants. Aussi horribles et tragiques que soient ces
situations pour les individus et les familles, elles sont encore plus
coûteuses pour la société à
long terme. Un enfant élevé dans la violence
apprend à être violent. Un enfant
élevé dans la haine apprend à
haïr. Un enfant brutalisé et
insensibilisé par les sévices et les preuves
porte en lui des germes dont nul ne sait s’ils peuvent
être déracinés.
Rompre le cycle de la
guerre
À
mesure que ces tendances s’accéléraient
et s’accentuaient au cours des années 90, la
réaction mondiale prenait de l’ampleur aussi. En
1996, Graça Machel, épouse de l’ancien
président sud-africain Nelson Mandela, qui a
assumé un rôle de premier plan dans la protection
des enfants touchés par la guerre, a publié un
rapport marquant intituléThe Impact of Armed Conflict on Children (Conséquences
des conflits armés sur les enfants) qui a
galvanisé l’opinion internationale. Le
secrétaire général des Nations Unies,
Kofi Annan, a nommé Olara Otunnu représentant
spécial pour les enfants et les conflits armés.
M. Otunnu s’est employé à mobiliser les
gouvernements, les organisations humanitaires et les mouvements
d’opposition dans la lutte pour mettre un terme au
recrutement d’enfants soldats et améliorer la
situation des jeunes victimes de la guerre.
Les
nouveaux accords internationaux qui ont été
signés ou rédigés viennent renforcer
la Déclaration universelle des droits
de la personne, la Convention
relative aux droits de l’enfant et
les conventions de Genève sur la protection des civils en
temps de guerre, notamment :
- un projet de Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de
l’enfant,
qui fixe à 18 ans
l’âge minimum pour le recrutement tant par les
armées que par les groupes d’opposition;
- la convention
relative aux pires formes
d’exploitation du travail des enfants, qui couvre le service
militaire, adoptée par l'Organisation internationale du travail;
- le Tribunal
pénal international, qui
considère comme des crimes de guerre le recrutement
d’enfants de moins de 15 ans, les attaques contre des hôpitaux
et des écoles, l’exploitation sexuelle et la
violence;
- la
résolution 1261 du Conseil de
sécurité, qui précise que les
intérêts des enfants doivent être pris
en compte dans le processus de paix, réclame que
l’on mette fin au recrutement d’enfants et que
l’on démobilise les enfants soldats et exige que
le personnel engagé dans des opérations de paix
reçoive une formation relative aux enfants.
Le fait de rendre ces conventions et accords
exécutoires contribuera grandement à
atténuer les pires effets des guerres sur les enfants.
Entre-temps, les enfants jouent un rôle de plus en plus
déterminant dans la préservation de
l’unité de leurs communautés et dans
l’édification de la paix.
Étant
donné qu’ils représentent une
proportion grandissante de la population dans les pays
touchés par la guerre, les enfants ont souvent la charge de
leurs cadets orphelins, s’occupent des récoltes,
gagnent un revenu et travaillent en collaboration avec des
organisations comme l'Agence canadienne de développement
international et ses partenaires à dispenser des secours
d’urgence et à guérir et reconstruire
leurs communautés.
Par ailleurs,
les enfants jouent un rôle inattendu dans les efforts de paix
déployés par les adultes. Même dans les
conflits les plus virulents, les soldats — dont la plupart sont eux-mêmes des
parents — ont accepté de suspendre les
opérations militaires pour permettre
l’immunisation des enfants ou l’acheminement de
secours d’urgence. Nombreux sont ceux qui croient
à la possibilité d’étendre
ces « zones
de tranquillité ».
En définitive, le chemin le plus sûr vers la paix
passe peut-être par le souhait de tous les parents de
bâtir un monde meilleur pour leurs enfants.
|
|
SOURCE :
http://www.acdi-cida.gc.ca
|