Ce que les filles et les femmes doivent savoir
au sujet du sida
La force des femmes
Pourquoi les jeunes filles
et les femmes ?
Les femmes et leur corps
Les inégalités entre les sexes
Le VIH/sida dans le monde
Que fait la communauté
internationale
pour s’attaquer au VIH/sida ?
Que fait le
Canada ?
Cinq
choses que vous pouvez faire pour prévenir
le VIH/sida et
lutter contre la maladie
Pour en apprendre davantage
sur divers aspects du VIH/sida
Chaque jour, de nombreuses filles et
femmes
sont infectées par le
VIH.
La plupart vivent dans les pays en
développement.
Dans la ville de
Monzi, en Zambie,
des jeunes utilisent les arts de la scène
pour sensibiliser leurs pairs au VIH/sida.
|
Un
groupe d’adolescentes se rassemble dans un marché
en plein air de Zambie pour voir une troupe de
théâtre interpréter des sketches sur le
VIH/sida.
Les acteurs chantent des chansons humoristiques sur les condoms et
taquinent le public sur la sexualité des adolescents pendant
qu’un des comédiens distribue des condoms au
public.
Les filles rient et font des blagues entre elles pendant
qu’elles mettent les condoms dans leur poche.
Bien que les sketches et les chansons les fassent rire, elles
comprennent le message qui est communiqué : faites attention
à vous, utilisez des condoms, prenez le contrôle
de votre santé et de votre vie.
Une des adolescentes du groupe comprend mieux que les
autres pourquoi il importe autant de faire attention.
Sa mère et son père sont morts du sida
l’année dernière et elle prend
maintenant soin de ses jeunes sœurs à temps plein.
Elle ne va plus à l’école, car elle
n’a ni le temps, ni l’argent et personne ne
l’aide à prendre soin de ses sœurs.
L’expérience lui a appris que non seulement le
sida tue, mais aussi qu’il bouleverse la vie de tous : la
sienne, celle de ses sœurs, de ses amis et de son milieu.
Même si les filles et les femmes sont
informées
au sujet du
VIH/sida, il arrive souvent
qu'elles n'ont pas le pouvoir
ou les moyens de se protéger.
La force des femmes
Puisque
les filles et les femmes jouent un rôle important dans leur
famille et leur collectivité, l’augmentation du
taux d’infection par le VIH chez les filles et les femmes
dans les pays en développement fait en sorte que les
familles, les collectivités et même des
sociétés entières risquent de
s’effondrer.
Les femmes et les filles cultivent les aliments. Elles font la cuisine
et le ménage.
Elles travaillent dans des usines et des marchés en plein
air.
Elles s’occupent des enfants et des personnes
âgées et parcourent de longues distances
à pied pour aller chercher de l’eau.
Elles sont enseignantes, médecins et femmes politiques.
Elles sont entrepreneures.
Toutefois, alors que le virus continue de se propager
et d’infecter de plus en plus de femmes, les femmes et les
filles de partout dans le monde se mobilisent et prennent les moyens
pour combattre le VIH/sida.
Elles se renseignent, forment des groupes et collaborent. Elles
s’occupent de leur santé et de celle de leur
famille.
Néanmoins, les femmes et les hommes n’ont pas le
même pouvoir et cette inégalité a des
conséquences négatives sur les femmes et facilite
la propagation du VIH/sida.
Pourquoi les jeunes filles et les femmes ?
Les
filles et les femmes sont particulièrement
touchées par le VIH/sida.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la biologie, les
inégalités entre les hommes et les femmes dans le
statut social, l’éducation, le revenu,
l’accès aux soins de santé, etc.,
l’équilibre des forces au sein des pays, des
collectivités et des relations personnelles ou une
combinaison de ces facteurs.
Les femmes et leur corps
Les
femmes courent deux fois plus de risques que les hommes
d’être infectées par le VIH lors de
relations sexuelles.
Le tissu vaginal d’une femme peut être
endommagé lors de rapports sexuels, surtout lors de rapports
sexuels forcés, ce qui permet au virus d’entrer
plus facilement dans le corps.
Les adolescentes sont particulièrement
vulnérables à cause de
l’immaturité de leur appareil génital.
Les jeunes filles et les femmes atteintes d’infections
transmises sexuellement (ITS) courent encore plus de risques de
contracter le VIH.
À cause de la honte qui entoure les ITS, les femmes sont
moins portées à se faire soigner, ce qui
accroît encore davantage leur
vulnérabilité à une infection
transmise par un homme porteur du VIH.
Les inégalités entre les sexes
Les
inégalités entre les sexes rendent les filles et
les femmes plus vulnérables au VIH/sida.
À cause des inégalités entre les
sexes, les filles et les femmes risquent d’obtenir moins de
soutien lorsqu’elles sont malades et peuvent assumer un
fardeau plus lourd lorsque d’autres membres de leur famille
sont malades.
Plusieurs inégalités rendent les filles et les
femmes plus vulnérables à une infection par le
VIH et plus touchées par ses répercussions.
Le statut social :
Partout
dans le monde, les femmes ne sont pas traitées de
manière égale aux hommes et n’ont pas
la même influence sur les aspects qui touchent leur vie.
Dans les pays en développement, il existe un
écart considérable entre les hommes et les femmes
dans l’éducation, le revenu, les
possibilités d’emploi, la santé,
l’accès au pouvoir et aux prises de
décisions.
Ces disparités peuvent faire en sorte que les femmes ont
moins accès au traitement; elles sont montrées du
doigt parce qu’elles ont le sida ou on les blâme
d’avoir introduit le sida dans la famille, et elles sont
moins capables d’éviter la maladie.
De plus, à cause de leur faible statut social, les femmes et
les filles n’obtiennent pas toujours les aliments sains et
les médicaments dont elles ont besoin lorsqu’elles
sont malades.
L’éducation :
Les
filles et les femmes ont habituellement la lourde tâche de
s’occuper des membres de la famille qui sont malades ou
doivent travailler davantage pour compenser la perte de revenu des
parents malades.
Malheureusement, pour y arriver, les filles doivent abandonner
l’école.
Sans instruction, elles peuvent plus difficilement accéder
à l’indépendance économique.
Avec moins d’indépendance, les femmes sont moins
en mesure d’éviter des situations où
elles sont obligées d’avoir des relations
sexuelles non protégées et n’ont pas
les moyens de payer le traitement lorsqu’elles sont malades.
Quant aux jeunes filles qui peuvent continuer d’aller
à l’école, elles reçoivent
un enseignement mitigé en matière de
sexualité, de contraception et de prévention des
maladies.
Puisque le sujet est souvent tabou dans leur collectivité,
les filles et les femmes manquent souvent d’information
fiable sur la prévention du VIH.
La dépendance financière :
Les
femmes sont souvent obligées de dépendre
financièrement des hommes parce qu’elles
n’ont pas accès à
l’éducation, à la formation ou aux
possibilités d’emploi.
Par conséquent, les décisions sur les finances
sont souvent prises par les membres masculins du ménage.
Cette répartition inégale du pouvoir nuit
à la capacité des femmes de prendre des
décisions et de participer, même de
manière symbolique, à la prise de
décisions.
Les femmes sont parfois en mesure de gagner de l’argent en
vendant des aliments, de l’artisanat ou d’autres
articles ou en étant salariées dans des usines ou
des fermes.
Mais leur travail passe toujours au second plan lorsqu’un
membre de la famille tombe malade ou meurt.
En dernier recours, certaines femmes sont forcées de
participer au commerce du sexe ou d’échanger des
relations sexuelles contre de la nourriture ou d’autres biens
et services.
L’équilibre des forces :
En
comparaison avec les hommes, les femmes ont souvent moins de
contrôle sur leur vie et sur leur corps.
Les femmes ont souvent une capacité restreinte de
négocier sur la sexualité dans une relation.
Il peut être par exemple difficile pour une femme de refuser
un rapport sexuel ou de convaincre son partenaire d’utiliser
un condom, surtout s’il s’agit de son mari.
Si une femme suggère à son mari de se
protéger, il peut penser qu’elle le trompe ou
qu’elle ne lui fait pas confiance.
En outre, les attitudes culturelles font en sorte qu’il est
souvent difficile pour les femmes de sembler être au courant
de la sexualité ou de demander l’usage du condom.
Lorsque les femmes osent demander à leur partenaire
qu’il se protège, elles peuvent subir le rejet, la
violence et/ou des difficultés économiques.
Une femme peut subir la violence ou le rejet de la part de sa famille
et de sa collectivité.
En cas de guerre ou de conflit, les femmes sont souvent
agressées et violées, ce qui accroît le
risque d’exposition aux infections transmises sexuellement,
de grossesse non désirée et d’infection
par le VIH.
L’accès aux soins de
santé :
En
règle générale, il est difficile pour
les femmes dans de nombreuses régions d’avoir
accès aux soins de santé et d’obtenir
un soutien lorsqu’elles sont enceintes ou pour savoir si
elles sont porteuses du VIH.
Il y a de nombreuses raisons à ce problème :
l’éloignement des centres de soins, le
coût d’un examen médical, les
responsabilités professionnelles ou familiales, la crainte
de représailles de la part de leur mari ou de leur
collectivité.
Bien que les femmes ont la possibilité d’obtenir
des soins de santé, elles peuvent hésiter
à passer un test de dépistage pour les maladies
transmises sexuellement ou le VIH à cause de la honte
liée à ces maladies.
Les résultats pourraient toucher leur vie et celle de leur
famille.
| |
Le VIH/sida dans le monde
Environ
2,2 millions d’enfants
de moins de 15 ans vivent avec
le VIH/sida sur la planète. En 2004,
près de 510 000 jeunes ont perdu
la vie en raison de cette maladie.
|
Selon le rapport commun Le
point sur l’épidémie de sida de
décembre 2004 du Programme commun des
Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) (en anglais
seulement) et de l’Organisation mondiale de la
santé (OMS), 39,4 millions de personnes vivent
maintenant avec le VIH/sida dans le monde, dont 2,2 millions
d’enfants de moins de 15 ans.
De
ce nombre, environ 25,4 millions vivent en Afrique
subsaharienne et près de 1 million en
Amérique du Nord. En 2004, 3,1 millions de gens
sont morts du sida.
De
ce nombre, 510 000 étaient des enfants de moins de
15 ans.
Dans
les pays les plus touchés par le VIH/sida, le taux
d’infection des femmes est beaucoup plus
élevé que celui des hommes.
L’Afrique
demeure le continent le plus touché par le VIH/sida.
|
|
|
Comparons le Canada
et un pays d’Afrique subsaharienne
comme le Mali
|
|
|
Canada
|
Mali
|
Différence
|
| Espérance de vie
|
Femmes
Hommes |
82
ans
77 ans |
49
ans
48 ans |
Différence
de 33 ans
Différence
de 29 ans |
| Taux d’inscription
à l’école primaire |
Filles
Garçons |
100
%
100 % |
32
%
44 % |
Différence
de 68 %
Différence
de 56 % |
| Produit
intérieur brut par habitant |
|
29
480 $ |
930
$ |
Différence de
28 550 $ |
|
Pour comparer d’autres pays,
ou pour plus de renseignements,
consultez
la carte
Un
monde en développement.
|
| |
Saviez-vous que...
- Le premier cas de VIH/sida
déclaré dans le monde l’a
été en 1981. Depuis ce temps, environ 13 054
Canadiens et Canadiennes sont morts du sida. (Le
VIH et le sida au Canada : Rapport de surveillance en date du 30 juin
2004)
- Dans le monde, plus de
20 millions de personnes sont mortes du sida.
(ONUSIDA, Rapport
sur l’épidémie mondiale de sida 2004)
- Selon
les calculs de l’ONUSIDA, en 2004, quelque 44 000 adultes et
enfants ont contracté le VIH en Amérique du Nord
par rapport à 3,1 millions en Afrique subsaharienne.
- Entre huit et dix
ans peuvent s’écouler avant que les premiers
symptômes du sida apparaissent chez une personne qui vit avec
le VIH.
|
|
Que fait la
communauté internationale
pour
s’attaquer au VIH/sida ?
Il
est de plus en plus évident que les
inégalités entre les sexes ou les relations
inégales entre les femmes et les hommes, ainsi que le manque
d’autonomie des femmes, font partie des causes fondamentales
de la propagation du VIH/sida dans le monde.
Il est essentiel d’aborder les
inégalités entre les sexes et de
répondre aux besoins des femmes et des filles dans les pays
en développement afin de freiner la propagation de la
maladie.
En 2000, les chefs
d’État et de gouvernement du monde entier ont
adopté les Objectifs
de développement du millénaire (ODM)
afin de promouvoir le développement humain durable dans tous
les pays.
Un des objectifs est de lutter contre le VIH/sida, le paludisme et
d’autres maladies qui entravent le développement.
Un autre objectif qui aidera à atteindre l’ODM sur
le sida est la promotion de l’égalité
entre les sexes et de l’autonomisation des femmes.
En 2004, la communauté
internationale a créé un outil pour continuer de
lutter pour les droits de la personne,
l’égalité entre les sexes et
l’autonomisation des femmes.
Women
and HIV/AIDS: Confronting
the
Crisis
(en anglais seulement) est un rapport rédigé par
l’ONUSIDA, le Fonds des Nations Unies pour la population
(FNUAP) et le Fonds de développement des Nations Unies pour
la femme (UNIFEM).
Ce rapport découle des travaux de nombreux intervenants dans
la Global
Coalition on Women and AIDS (en anglais seulement).
Dirigée par l’ONUSIDA, cette initiative vise
à améliorer les conditions de vie et la
santé des femmes et des jeunes filles.
L’ACDI a versé une contribution de 1 million de
dollars à cette initiative en mars 2004.
Que fait le
Canada ?
Principalement
par l’intermédiaire de l’Agence
canadienne de développement international (ACDI), le Canada
joue un rôle clé sur de nombreux fronts afin de
lutter contre la pandémie mondiale de VIH/sida.
La prévention de la propagation de la maladie et
l’atténuation de ses répercussions sur
la population, dont les filles et les femmes, est au cœur de
ces efforts :
- Le Canada a
déposé le projet de loi C-9, la Loi
de l’engagement de Jean Chrétien envers
l’Afrique.
- Le projet de loi vise
à rendre disponible des versions
génériques à faible coût de
médicaments brevetés dans les pays en
développement aux prises avec des problèmes de
santé publique.
- Le projet de loi est une
réaction à la décision de
l’Organisation mondiale du commerce du 30 août 2003.
- Le Canada a
présidé le conseil d’administration de
l’ONUSIDA de 2004 jusqu’au début de 2005.
- Le Canada appuie le Fonds mondial de
lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et
siège à son conseil d’administration.
- Le Canada est le principal
donateur à l’Initiative 3 millions
d’ici 2005 (en anglais seulement) de
l’Organisation mondiale de la santé
(OMS).
- Cette initiative vise
à soigner trois millions de personnes vivant avec le
VIH/sida au moyen de médicaments antirétroviraux
d’ici la fin de 2005.
- Le Canada appuie l’Initiative internationale pour
un vaccin contre le sida (en anglais seulement) et le
Programme africain pour un vaccin contre le sida dans leurs efforts en
vue de mettre au point un vaccin préventif contre le
VIH/sida.
- Le Canada aide à
renforcer les capacités des systèmes de
santé dans les pays en développement en appuyant
des stratégies dirigées par les pays
bénéficiaires pour former des travailleurs de la
santé, mettre en place des systèmes
d’approvisionnement de médicaments et suivre et
évaluer les programmes sur le VIH/sida.
- Par le truchement de
l’ACDI, le Canada se penche sur diverses mesures de
prévention.
- Ces mesures sont entre autres
l’éducation, la recherche, la défense
des droits de la personne et l’intégration des
droits liés à la sexualité et
à la procréation dans l’approche du
Canada face au VIH/sida.
- L’ACDI a mis de
l’avant de nombreux projets qui aident à lutter
contre le VIH/sida, en collaboration avec divers partenaires
(organisations internationales et organisations non gouvernementales,
collèges et universités, etc.)
- Le 1er
décembre 2004 (la Journée mondiale du sida), la
ministre de la Coopération internationale, Aileen Carroll, a
démontré à nouveau le rôle
de premier plan que joue le Canada dans la lutte mondiale contre cette
maladie en s’attaquant à l’important
dossier des inégalités entre les sexes et le
VIH/sida.
- L’ACDI
versera près de 105 millions de dollars à
diverses initiatives ciblant les femmes et les filles
infectées ou touchées par le VIH/sida dans les
pays en développement.
- En 2006, le Canada accueillera la
XVIe Conférence internationale sur le
sida à Toronto.
Cinq choses que vous pouvez
faire
pour
prévenir le VIH/sida et lutter
contre
la maladie
- Ayez des pratiques
sexuelles sans risque. Les sites Internet du Réseau
canadien de la santé et de Santé
Canada vous donneront des pistes de réflexion et
des moyens d’action.
- Parlez de
prévention et de lutte contre le VIH/sida
à votre famille et à vos amis.
- Diffusez vos
connaissances sur la situation des femmes et le VIH/sida dans
le monde.
- Avez-vous songé
à devenir jeune
conférencier ou à participer au
concours papillon
208?
- Lisez la Charte
mondiale des femmes pour l’humanité
adoptée en décembre 2004 à Kigali
(Rwanda).
- Plus de 5 000 groupes et
particuliers ont aidé à rédiger ce
document qui prend appui sur la liberté,
l’égalité, la solidarité, la
justice et la paix.
- Suivez les traces de
milliers de femmes ! Du 8 mars au 17 octobre 2005, des
femmes des cinq continents marcheront du Brésil à
l’Afrique en faveur de la liberté, de
l’égalité des droits et de la fin de la
violence.
Pour en apprendre davantage
sur
divers aspects du VIH/sida
|