En Tunisie comme ailleurs, où l’homosexualité est toujours condamnable par une justice inspirée de la charia ( loi islamique ), ( à l'instar de l'église catholique qui la condamnait de mort sous l'inquisition, mais des tribunaux islamistes la sanctionne aujourd'hui encore par la mort ), la répression peut brusquement devenir réalité, y compris pour les occidentaux.
Le témoignage de Bruno L., 50 ans,
médecin à Paris, rappelle cette réalité...
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En Tunisie,
où l’homosexualité est toujours
condamnable par une justice inspirée de la charia (loi
islamique), la répression peut brusquement devenir
réalité, y compris pour les occidentaux.
Le
témoignage de Bruno L., 50 ans, médecin
à Paris, rappelle cette réalité.
« Je
suis arrivé en Tunisie en avril dernier, raconte Bruno.
Je m’y
rends chaque trimestre. Le 22 avril, j’ai donné
rendez-vous à un ami, Khaled, dans un café sur
l’avenue Bourguiba à Tunis.
Khaled est un
Tunisien d’une vingtaine d’années que je
retrouve à chacun de mes voyages là-bas. Nous
sommes ensuite allés dans l’appartement que je
co-loue à 400 mètres du centre-ville.
Apparemment,
nous étions suivis : à notre sortie, une heure
plus tard, un groupe de policiers nous attendait. Ils ont
fouillé l’appartement et trouvé des
préservatifs usagés. » Cette
« preuve » d’un rapport sexuel, pourtant
dans un espace privé, a été
considérée comme suffisante pour
procéder à leur arrestation.
En Tunisie, la
sodomie est punie d’emprisonnement, en vertu de
l’article 230 du code pénal pour «
attentat aux mœurs ».
Les deux hommes
sont condamnés à six mois de prison le 13 mai.
Malgré l’aide de son avocat, Bruno perd
également le procès en appel, un mois plus tard.
Après
la brutalité de son arrestation, Bruno se dit «
plus secoué » encore par les conditions de
détention :
« Nous
étions 80 personnes dans une cellule de 55 mètres
carrés. On se tassait à trois par matelas.
Dans une cellule
dite « des étrangers »,
j’étais le seul blanc et bien sûr, tout
le monde savait que j’étais homosexuel.
J’étais régulièrement
agressé pour cela. Un détenu nigérian
voulait me brûler, « comme dans [son] pays
».
J’ai
fait une grève de la faim pour changer de cellule. Pour ceux
qui n’ont pas de famille sur place pour leur apporter
à manger, la prison ne fournissait que quelques miches de
pain.
Je devais aussi
me battre pour ne pas me faire couper la barbe avec le même
rasoir qui avait servi aux autres, avec le risque sanitaire que cela
entraînait.
Tout le monde
avait la gale, on ne se douchait qu’une fois par semaine.
J’ai
vu des policiers corrompus, des prisonniers avec des marques
évidentes de torture. »
Finalement,
grâce à son statut d’occidental et
à des soutiens en France, Bruno est sorti de prison fin
juillet.
Son ami a
effectué l’intégralité de sa
peine : il vient tout juste d’en sortir.
Aujourd’hui,
Bruno cherche à faire connaître son histoire, pour
les homosexuels tunisiens et pour améliorer le statut des
prisonniers.
Il
prépare un essai où il racontera sa
mésaventure...
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SOURCE à suivre de près :
20six/sylea/cat
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