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Behind The Mask (BTM,
Derrière le masque en anglais) se présente
modestement comme « un site
sur les gays et les lesbiennes en
Afrique ».
Le web magazine, très
abouti et professionnel, chaleureux avec ses tons orange, jaune et vert
pastels, est une mine d’informations pour ceux qui
s’intéressent à la
communauté homosexuelle du continent.
De belles couleurs, de belles
photos, mais surtout beaucoup, beaucoup de texte... en
anglais.
Le site
propose une page en français et une autre en portugais, mais
celles-ci
ne reprennent qu’une infime partie du contenu
publié en anglais.
L’homosexualité
par pays
Quelle est la position du Guide de
la Révolution
libyenne, Muhammar Khadafi, sur
l’homosexualité ?
Les préservatifs
sont-ils autorisés dans les prisons
swazies ?
Les lecteurs de BTM
peuvent se faire une idée du sort fait aux gays et
lesbiennes de chaque état africain en consultant les
brèves d’actualité datées
qui leurs
sont proposées.
Celles-ci reprennent des articles de
fond, des
déclarations d’autorités politiques ou
de personnalités influentes,
ainsi que toutes autres informations concernant les gays et
lesbiennes.
Seul bémol, le filet de
brèves est inégalement rempli selon les
pays.
Celui de la Namibie, dont le
Président Nujoma avait déclaré en mars
2001, dans une université, que la police avait ordre
« d’arrêter »,
« d’emprisonner » et de
« déporter » les
homosexuels, est
particulièrement bien fourni.
De même que celui de
l’Egypte, qui s’est
signalé ces dernières années en
condamnant sévèrement des personnes
soupçonnées de pratiques homosexuelles.
L’homosexualité
illégale dans tout le Maghreb
Pour être complet, BTM fait
également le point sur le statut juridique de
l’homosexualité dans
chaque pays africain.
On apprendra ainsi que la pratique
est illégale
dans tous les pays du Maghreb, et qu’elle l’est
dans une majorité des
Etats sub-sahariens.
Qu’elle est
légale en Côte d’Ivoire, au Burkina
Faso ou encore en Afrique du Sud, et qu’elle n’est
interdite qu’entre
hommes en Angola.
Le site prend soin
d’indiquer les lois qui couvrent
l’homosexualité (essentiellement la pratique de la
sodomie) et les
peines encourues.
Chose utile quand les textes
constitutionnels sont
flous ou ne mentionnent pas du tout la question.
L’homosexualité
est
ainsi uniquement « présumée
illégale », en République
démocratique du
Congo.
Elle est
déclarée légale chez le voisin de
Brazzaville, mais BTM
précise en « supplément sur
l’attitude du gouvernement » que
l’ambassadeur du pays en Belgique, en 1987, a
déclaré que « la pratique
de l’homosexualité n’existe pas au
Congo ».
Le web magazine n’oublie
pas la diaspora, à qui elle consacre le même filet
de brèves qu’aux
Etats africains.
Cette somme d’informations
est également disponible
classifiée, pour les femmes (Women behind the mask), et par
religions
(Mind, body and spirit), avec les prises de positions sur
l’homosexualité des chefs religieux musulmans,
chrétiens ou des cultes
africains traditionnels !
BTM
se veut également un site
culturel.
Dans sa rubrique
« arts et culture », le site met
en avant
les travaux d’artistes gay et lesbiennes dans des domaines
aussi divers
que la photo, la musique, la littérature, le
théâtre, le cinéma, la
danse ou encore le sport.
Les internautes peuvent aussi
prendre part à
des forums de discussions, généraux ou
thématiques (Sida, lesbiennes,
jeunes homosexuels...).
Pour ceux qui
préfèrent parler, le site dispose
d’un répertoire téléphonique
d’associations qui viennent en aide aux
homosexuels... mais uniquement en Afrique du Sud.
Visiter le site
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