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Chapitre
3: Le VIH/SIDA: un tueur auquel il faut faire face
Le
VIH/SIDA: un tueur auquel il faut faire face
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Chapter
3
- Le VIH/SIDA: un
tueur auquel il faut faire face
- L'épidémie de
VIH/SIDA en quelques mots
- La réaction à
l'infection à VIH/SIDA: les enseignements des 20
dernières années
- Fixer un nouveau programme
- Intervenir d'urgence face à
une urgence mondiale
- Bibliography
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Le VIH/SIDA est aujourd'hui une urgence sanitaire
majeure à laquelle aucune région du monde
n'échappe et qui apporte mort et souffrance à des
millions de gens. Mais tout le monde n'a pas, loin de là,
les mêmes possibilités d'accès
à la prévention et au traitement. Dans ce
chapitre sont examinés les moyens de réduire ces
disparités et de combattre la maladie, même dans
les pays les plus pauvres. Afin d'agir au niveau mondial contre la
pandémie, il est proposé d'unir les efforts de
l'OMS et de ses partenaires dans de nombreux secteurs en vue de mettre
en uvre une stratégie de choc qui associe efficacement la
prévention et les soins.
Le syndrome d'immunodéficience acquise
(SIDA) constitue la principale cause de décès par
maladie infectieuse dans la population adulte de la planète.
En l'absence de traitement, la maladie provoquée par le VIH
(ou virus de l'immunodéficience humaine) a un taux de
létalité de près de 100 %. Depuis la
peste bubonique au XIVe siècle, aucun
agent pathogène n'a eu des effets aussi
dévastateurs. Le SIDA déchire les familles et
cause d'indicibles souffrances dans les régions les plus
affectées. Là où il sévit
le plus, et notamment dans quelques-unes des régions les
plus pauvres du monde, le VIH a réduit à
néant le gain d'espérance de vie
réalisé au cours des trois dernières
décennies du XXe siècle.
Au niveau mondial, le VIH/SIDA constitue une urgence sanitaire majeure.
L'infection à VIH attise
également d'autres épidémies
d'importance mondiale -- notamment la tuberculose, qui est devenue une
cause prépondérante de
décès, non seulement parmi les porteurs du virus,
mais aussi parmi les membres de leur famille et leurs proches
séronégatifs. Cependant, le SIDA ne se
présente pas partout de la même
manière. L'accès aux mesures
préventives et aux soins, dont dépend le sort des
personnes infectées par le virus, varie dans une large
proportion. Ceux qui, tout en vivant avec le VIH, sont en mesure de
bénéficier des dernières
avancées médicales peuvent espérer une
vie normale à bien des égards: les
chimiothérapies associant plusieurs
antirétroviraux font du SIDA une maladie chronique et
traitable qui ressemble davantage au diabète qu'aux autres
viroses graves pour lesquelles il n'existe aucun traitement (voir Figure 3.1). En Australie, en
Europe, au Japon et aux Etats-Unis, beaucoup de malades atteints d'un
SIDA au stade avancé ont repris une vie normale. Dans les
pays pauvres, en revanche, comme d'ailleurs chez les groupes
démunis des sociétés
prospères, l'infection à VIH est un
arrêt de mort. Au cours de la décennie
écoulée, les « disparités
dans l'issue de la maladie » -- le sort différent
des riches et des pauvres -- se sont fortement accentuées (1).
Figure 3.1
Pourquoi n'est-on pas parvenu à
endiguer le VIH/SIDA? Pourquoi les acquisitions de la
médecine moderne, et en particulier les
polythérapies antirétrovirales, ne
bénéficient-elles pas à ceux qui en
ont le plus besoin? Ces deux questions ont une seule et même
réponse: le SIDA est une maladie qui fait beaucoup plus de
ravages dans les milieux marqués par la pauvreté
et les inégalités sociales, notamment entre les
hommes et les femmes. Il n'est pas facile d'y faire face lorsque le
système de santé est tellement affaibli qu'il ne
peut plus remplir sa fonction, notamment auprès des
minorités et des plus démunis. On voit donc que
le VIH/SIDA pose d'urgents problèmes touchant aux droits de
l'homme, et plus particulièrement au droit de recevoir des
soins (voir Tableau 3.1).
Toutes ces raisons font que le VIH/SIDA est un
véritable baromètre de l'état
sanitaire actuel de la planète: face à la
montée de l'incidence de la maladie et au nombre croissant
de décès, l'heure n'est guère
à l'optimisme. Il est indispensable que la
communauté sanitaire mondiale, guidée par le
souci d'assurer l'équité en matière de
prévention et de soins, entreprenne une action audacieuse
contre le VIH/SIDA.
Après avoir analysé les
grandes tendances de l'épidémie d'infection
à VIH et passé en revue les moyens de s'attaquer,
sur la base de partenariats efficaces, tant à la
pandémie qu'à ses causes profondes, ce chapitre
examine les succès et les échecs de la lutte
contre la maladie infectieuse la plus dévastatrice de la
planète, puis il expose les buts à atteindre dans
les prochaines années. Il s'agit, entre autres,
d'atténuer les disparités dans l'issue du SIDA en
permettant à 3 millions de personnes infectées
dans le monde en développement d'avoir accès aux
polythérapies antirétrovirales d'ici fin 2005, ce
qui constitue l'objectif des « 3 millions d'ici 2005
». Dans tout cet exposé, il est entendu que les
polythérapies antirétrovirales font partie des
soins aux personnes atteintes d'infection à VIH/SIDA. Bien
que la prévention et la prise en charge
énergiques de l'infection à VIH constituent une
mesure sanitaire complexe, elles sont néanmoins
envisageables, même dans des situations où les
ressources sont limitées, et correspondent
précisément aux besoins.
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