Les paysans, fortement exposés aux pesticides, mais aussi les personnes qui les utilisent pour leurs plantes d'intérieur, ont statistiquement deux fois plus de chances de développer des tumeurs au cerveau, d'après une étude française publiée par la revue Occupational and environmental medecine le 5 juin.
Menés sur plus de cinq cents patients, ces travaux s'ajoutent à une littérature scientifique déjà fournie, montrant que l'exposition aux pesticides augmente les risques de plusieurs types de cancer (gliomes, sarcomes, cancers de la prostate) ainsi que des pathologies neuro-dégénératives, des hémopathies et des troubles de la reproduction...
Un contact avec du PARAQUAT
provoque de graves brûlures
et peut conduire à la mort...
Le PARAQUAT est l'herbicide le plus contesté au monde. En Suisse, l'utilisation du PARAQUAT n'est pas autorisée. Cependant, dans plusieurs pays en développement, des employés de plantation et des petits cultivateurs utilisent le PARAQUAT pour éliminer les mauvaises herbes. Des dizaines de milliers de personnes s'intoxiquent chaque année. Lors d'accidents ou de tentatives de suicide, des milliers de personnes décèdent d'une mort atroce. Il n'existe aucun antidote.
Les pesticides, un risque sanitaire avéré
mais encore mal pris en compte...
LEMONDE.FR | 11.06.07
Les paysans, fortement exposés aux pesticides, mais aussi les personnes
qui les utilisent pour leurs plantes d'intérieur, ont statistiquement
deux fois plus de chances de développer des tumeurs au cerveau, d'après
une étude française publiée par la revue Occupational and environmental
medecine le 5 juin. Menés sur plus de cinq cents patients, ces travaux
s'ajoutent à une littérature scientifique déjà fournie, montrant que
l'exposition aux pesticides augmente les risques de plusieurs types de
cancer (gliomes, sarcomes, cancers de la prostate) ainsi que des
pathologies neuro-dégénératives, des hémopathies et des troubles de la
reproduction.
L'un des auteurs principaux de cette nouvelle enquête épidémiologique,
Isabelle Baldi, maître de conférence à l'université Bordeaux 2, souligne
la nécessité de poursuivre la recherche, pour tenter d'associer les
risques à telle ou telle famille de pesticides. Elle insiste également
sur le manque de résultats scientifiques concernant d'éventuels dangers
liés à l'ingestion de pesticides présents dans l'alimentation. Malgré
ces incertitudes, Mme Baldi dresse un bilan sans équivoque : "Il existe
dans le monde une trentaine d'études qui montrent toutes une élévation
du risque de tumeurs cérébrales, et des dizaines d'autres qui témoignent
d'une hausse de la fréquence des autres pathologies."
François Veillerette préside le Mouvement pour les droits et le respect
des générations futures (MDRGF) et milite pour une forte diminution de
l'usage des pesticides, dont la France est l'un des plus gros
consommateurs mondiaux. Le co-auteur de Pesticides, révélations sur un
scandale français (Fayard, 2007) avance : "Près de neuf cents molécules
pesticides sont utilisées en France. On les retrouve partout, tout le monde en mange quotidiennement. En raison de cette omniprésence, il est
difficile pour les scientifiques de pointer les sources précises du
risque : à la différence d'un problème circonscrit comme l'amiante." Un
état de fait qui explique "en partie" la lenteur de la mobilisation des
pouvoirs publics, juge M. Veillerette.
DES CONSÉQUENCES SANITAIRES ENCORE À VENIR ?
Depuis 2006, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments
(Afssa) est chargée de tester les pesticides mis sur le marché, avant
leur homologation. Thierry Mercier, directeur adjoint du végétal et de
l'environnement à l'Afssa, défend le sérieux des procédures d'évaluation
du risque mises en place en France et en Europe. Il se félicite de l'interdiction en 2001 du traitement des vignes à l'arsenic, après la découverte de pathologies suspectes. Il reconnaît toutefois : "Il est impossible de conclure que seuls des agriculteurs qui ne respectent pas
les précautions d'emploi tombent malades à cause des pesticides, et vice
versa."
L'épidémiologiste Isabelle Baldi prévient : "Il faut vingt à trente ans
pour qu'apparaissent les maladies générées par l'introduction d'un
produit cancérigène. L'usage des pesticides a explosé dans les années
1970. On pourrait donc voir apparaître les conséquences maintenant."
L'AFSSA confirme qu'une "dizaine" de substances pesticides classées
cancérigènes "possibles" ou "probables" restent autorisées en France.
Une future réglementation européenne sur les pesticides devrait imposer
à l'industrie chimique de trouver des substituts à ces produits d'ici à
2009.
Matthieu Auzanneau
Le Monde
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SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée
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Un contact avec du PARAQUAT peut provoquer de graves brûlures et conduire à la mort.
Le PARAQUAT est l'herbicide le plus contesté au monde. En Suisse, l'utilisation du PARAQUAT n'est pas autorisée. Cependant, dans plusieurs pays en développement, des employés de plantation et des petits cultivateurs utilisent le PARAQUAT pour éliminer les mauvaises herbes. Des dizaines de milliers de personnes s'intoxiquent chaque année. Lors d'accidents ou de tentatives de suicide, des milliers de personnes décèdent d'une mort atroce. Il n'existe aucun antidote.
La multinationale suisse Syngenta est le plus important producteur au monde de pesticide. Grâce au PARAQUAT, Syngenta engrange chaque année plusieurs centaines de millions de francs de chiffre d'affaires. En vendant délibérément du PARAQUAT dans ces pays, Syngenta se rend complice d'innombrables décès et empoisonnements.
La Déclaration de Berne (DB) se bat pour l'interdiction mondiale et l'arrêt immédiat de la production du PARAQUAT. Afin de donner du poids à cette exigence, nous invitons la société civile à condamner publiquement le comportement intolérable de Syngenta. L'objectif, d'ici fin janvier 2007, est qu'au moins 50 000 personnes aient soutenu notre action et déclarent Syngenta " coupable " dans l'affaire PARAQUAT.

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